J'ai pris cette photo après la présentation Cacharel. Une coïncidence de lieu.
Dans deux heures, Comme des Garçons présente -je suppose- une collection très "socially aware" à... l'Armée du Salut ou Palais de la Femme comme s'est écrit sur l'invitation.
Voilà voilà.
EDIT :
Le ton était beaucoup plus grave chez Comme des Garçons. Les femmes de Rei Kawakubo défilaient pour affronter une vie extrêmement
hostile.
Habillées
de blanc, les mains ligotées par, ironiquement, d'élégants rubans, la vue
occultée par un port de tête, elles se dirigeaient vers l’unique choix qui leur
était destiné : un mariage non-choisi ? Le défilé avait bien lieu au
Palais de la Femme. Peu après, des crinolines suggérant des grilles montraient
une dentelle transparente, une vision plus optimiste, plus émancipée. Des
fleurs sur des amples manches qui pendaient près du sol, comme trop lourdes,
comme de plomb. La vie et la mort y cohabitaient. L’esthétique religieuse
aussi.
Il
y avait moins d’ambiguïté en revanche dans les glaçantes capes, représentation
classique de la mort, suivies d’un message industriel agressif, avec pour seul
imprimé de la collection, une sorte de fil barbelé. Des ports de têtes aux
formes de casques de chantier lui répondaient, comme un sombre écho de la catastrophe de Fukushima. Une touche
d’ironie encore, un joli nœud pour masquer tout cela. Ou pour sourire.
Car il était temps d’être optimiste de
nouveau : les textures se sont fait douces, rappelant la nature primaire.
Les robes cocon à l’image de la fameuse « poupée russe » d’Yves
Saint Laurent suggéraient peut-être une renaissance.
Le
nom de la collection "White Drama"
est aussi polyvalent que chaque pièce qui la compose. C’était bien une
représentation éminemment artistique et militante.
